Les autorités marocaines sont confiantes dans le fait que le secteur de l’immobilier dans le pays pourra résister à la crise mondiale, un avis non partagé par les acquérieurs potentiels.

[Sarah Touahri] Les autorités marocaines ont annoncé que le pays est épargné par les turbulences de la crise immobilière mondiale.

Les autorités marocaines ont annoncé que le pays est épargné par les turbulences de la crise immobilière mondiale. Ahmed Taoufik Hjira, le ministre du Logement, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, a affirmé mardi 23 décembre que ce secteur au Maroc n’est pas lié au secteur mondial, ajoutant : “Nous avons une forte demande chez nous, contrairement à l’Europe. Le déficit en logements est estimé à cinq millions d’unités. Chaque année, 123 000 familles nouvelles arrivent sur le marché. Il faut donc satisfaire la demande annuelle et résorber le déficit.”

“Le secteur se porte très bien et n’accuse aucun contrecoup à l’instar de ce qui se passe à l’international”, convient Anas Sefrioui, président du groupe immobiliser Addoha.

M. Sefrioui a exclu le risque qu’un phénomène similaire à celui des sub-primes se produise au Maroc, car les prêts bancaires sont accordés en fonction de la capacité des emprunteurs à les rembourser et que la demande est largement supérieure à l’offre.

Un avis non partagé par Youssef Ibn Mansour, le président de la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers. “Certes le secteur de l’immobilier connaît un développement important, mais vu que l’Etat a changé de stratégie, le partenariat public-privé se fissure”, explique-t-il.

“Jusqu’à présent”, ajoute-t-il, “aucune entreprise spécialisée dans le logement social n’a signé de convention avec l’Etat en 2008.”

Le président du Conseil de l’ordre des architectes Omar Farkhani estime qu’il ne suffit pas de produire en quantité, mais qu’il est nécessaire de normaliser pour bâtir un espace de vie de qualité.

Les agents immobiliers affichent leurs craintes. Mohamed Maliki, agent immobilier à Marrakech, signale que cela fait plusieurs mois qu’un recul de l’activité est constaté.

“Seuls les promoteurs immobiliers peuvent être à l’origine de leur propre récession en gardant des niveaux de prix élevés et en proposant une offre inadaptée à la demande”, explique Driss El Fina, chercheur en économie.

Le professeur Mehdi Bouchaib explique : “Les statistiques et inventaires des biens immobiliers n’étant pas publiées au Maroc, ou du moins n’étant pas à la disposition du grand public, il est difficile de faire un constat objectif de l’état de l’immobilier.”

Pour leur part, les citoyens, qui n’ont pas une vision claire du secteur, attendent impatiemment que les prix baissent. Madichou, un fonctionnaire, espère depuis trois ans pouvoir acheter un appartement à un prix raisonnable.

“Au cours des dernières années, les prix ont fortement grimpé au point qu’ils ne représentent plus la valeur du bien. Avec la crise économique mondiale, j’espère une normalisation des prix.”

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 26/12/08

Posted Dimanche, décembre 28th, 2008 at 1:22
Filed Under Category: Economie, Indicateurs, Tendance
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