Taoufiq Hejira a donné hier le coup d’envoi d’une étude prospective du secteur immobilier au Maroc à l’horizon 2020, confiée au cabinet international Ernst & Young. Ce travail, qui sera prêt dans six mois, se basera sur des études du marché immobilier dans les 16 régions que compte le pays. En effet, le but est de permettre une lecture objective de la situation actuelle et des perspectives du secteur. Dans ce domaine, le ministre de l’Habitat rappelle le déficit criant en données fiables.

L’étude vise également à construire un modèle d’indicateurs communs. Aujourd’hui, les uns se basent sur les ventes de ciment, d’autres sur les transactions des notaires, les plans d’architectes… Cette multiplicité de paramètres doit aboutir à la construction d’une grille de critères partagés. La finalité est d’arriver à une lecture commune. Il s’agit aussi de donner aux pouvoirs publics des outils pour le pilotage stratégique du secteur immobilier de 2010 à 2020. «Nous voulons une vision claire pour mieux orienter ce marché, en dépit de ses fluctuations», dira le ministre lors d’une rencontre organisée à l’occasion de ce coup d’envoi. Pour lui, la mise en place d’un observatoire national de l’habitat et de 16 autres régionaux, au service de tous les partenaires, seront décisifs pour les choix des investisseurs. Il précise toutefois que ce travail de prospection est surtout destiné au secteur privé.
L’idée de lancer ces études pour connaître le marché de l’immobilier est née dans un environnement de crise internationale dont les ondes ont fini par atteindre le Maroc. Le ministre en énumère cinq. La première onde est relative aux MRE pour qui l’immobilier est une priorité. On en mesurera l’impact l’été à l’occasion de leur retour, précise le ministre. La deuxième concerne le logement haut standing dans certaines villes, qui a enregistré un recul des achats des retraités et des étrangers. Près de 12.000 Français habitent Marrakech. Ce nombre était appelé à grossir. Ce n’est plus le cas.

Troisième onde, selon Hejira, la crise psychologique introduite au Maroc par la presse internationale. L’effet immédiat attendu est le report de la décision d’achat en attendant une baisse des prix pour mieux profiter de la conjoncture. Pour lui, la crise a créé un attentisme. Quatrième onde: un manque de visibilité chez les investisseurs. Les nouveaux venus dans l’immobilier sont exposés aux dangers. «Quant aux professionnels, ils peuvent encaisser le coup puisqu’ils savent s’adapter à la conjoncture», souligne Hejira.
La dernière onde a trait au marché régional qui demeure une inconnue. Une lecture consolidée du marché des 16 régions fait apparaître son «immunité», pour reprendre l’expression du ministre de l’Habitat. Dans ce secteur, le déficit s’élève à 980.000 logements. Ainsi, la demande en logements économiques ne sera pas affectée. Cette immunité est appuyée par le secteur privé. «Il n’y a pas d’opérateur professionnel qui a jeté l’éponge», lance-t-il.
Il est à rappeler que les données de deux régions pilotes ont été présentées à cette occasion. La première concerne Tanger-Tétouan qui a accumulé un déficit de 85.700 logements en milieu urbain en 2008. La production annuelle actuelle estimée à 9.100 logements reste insuffisante pour couvrir les besoins.

Ainsi, la solution est d’accélérer le rythme de réalisation de logements. Le niveau de cette production dépendra de l’horizon fixé pour résorber le déficit et de la volonté des acteurs locaux pour améliorer le rythme de production de logements.
La deuxième région est Marrakech dont la croissance urbaine s’avère disproportionnée par rapport à la progression démographique. Ainsi, l’urbanisation se développe au gré des opportunités foncières et immobilières.

Aujourd’hui, les services du ministère ont constaté une tendance à la diminution du prix du haut standing et une relative à la stagnation du moyen standing. Cependant, le déficit s’élève à 32.150 logements. Pour Marrakech, l’attractivité internationale est incontestable, avec une mutation des structures du parc.

Indicateurs BTP

Actuellement, l’activité BTP absorbe une main-d’œuvre non qualifiée importante. Ainsi, ce secteur a créé 65.000 postes de travail nets en 2008 dont 39.000 en milieu urbain. Toutefois, il a employé au cours de l’année dernière 904.000 personnes, soit plus de 8% de la population active. Selon le ministère, la production de logements autorisés a dépassé les 110.000 en 2006 et 117.400 en 2007. Quant à 2008, la production est estimée à 124.000 logements.

leconomiste.com

Posted Jeudi, avril 23rd, 2009 at 23:19
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