La Nouvelle Tribune : Des voix s’élèvent pour regretter que le gouvernement ait fait preuve d’un certain retard à l’allumage face à la menace de la crise économique mondiale ?
Mohamed Boussaid : Le gouvernement est convaincu que le taux de croissance pour l’année 2009 se situera autour de 6%. Une prévision partagée par le Haut commissariat au Plan qui vient d’annoncer 5,7% de croissance pour 2009. Il ne peut pas y avoir plusieurs taux prévisionnels en matière de croissance économique. Q’un débat s’amorce sur le sujet est noble, maintenant, il ne faut pas occulter qu’un taux de croissance de 5,2 %, 6 % ou 6,7 % dans le contexte actuel, revêt un caractère particulier. Combien de pays souhaiteraient avoir des taux de croissance de cette nature ? Ils doivent être nombreux à nous jalouser.
Et concernant le secteur du tourisme, c’est la même… embellie ?
Je dois rappeler que le secteur du tourisme a pris très tôt les choses en main. Fin 2008, nous avons décidé de créer une Task force avec la présence des représentants de l’ensemble des acteurs comme la Fédération nationale du tourisme (FNT) ou encore de l’Observatoire du Tourisme, afin de faire face à la crise, mesurer son impact direct et indirect et élaborer un plan d’action intitulé CAP 2009. Il se traduit par une série d’actions comme le renforcement de la promotion, du rôle et des moyens des Centres régionaux du Tourisme (CRT), de la demande intérieure et de l’exploitation de nouvelles opportunités. Cet engagement se présente sous la forme d’un partenariat public / privé. Ce plan nous a permes d’entretenir la mobilisation des différents acteurs du secteur. A ce jour, nous résistons plutôt bien.
C’est-à-dire ?
Fin janvier 2009, nous avons enregistré une hausse des arrivées de l’ordre de + 8 % alors que pour la période identique, la Turquie a connu une baisse estimée – 4 %. Au niveau des destinations, Agadir a enregistré une hausse (+ 3 %) des nuitées alors que sur le plan national, les chiffres sont de – 2 %. L’Open Sky a rendu notre destination plus accessible et il permet de toucher des publics qui ne connaissent pas le Maroc.
Il est vrai que les taux de + 12 % voire + 13 % ne sont plus d’actualité. Cependant, l’industrie du tourisme, la première du pays, résiste beaucoup mieux que nos concurrents. A fin 2009, le nombre des arrivées sera à la hausse. Je m’y engage personnellement !
Et du côté des recettes touristiques, elles seront également à la…hausse ?
La conjoncture se traduit par des prix écrasés – ce qui ne veut pas du tout dire que la destination Maroc est bradé – et les durées de séjour sont comprimées. Néanmoins, la baisse prévisionnelle des recettes touristiques sera compensée par les 20 000 lits supplémentaires prévu en 2009. Pour l’heure, il est très délicat de se prononcer avec précision, mais une chose est sûre, on va se battre.
Vous tenez un discours particulièrement optimiste, non ?
Comme pour le secteur de l’immobilier, le tourisme se porte bien. Nous devons accentuer et concentrer nos efforts sur la qualité et cela nécessite l’engagement de tous. La période est propice à la créativité, l’originalité et la rigueur. Créativité dans le format des produits. Originalité dans la présentation de la destination Maroc et de ses atouts naturels. Et enfin, rigueur au niveau de la qualité. En clair, être outillé pour franchir et dépasser la crise.
Selon de nombreux spécialistes éclairés, on nous annonce la fin de l’ère agricole, de l’ère industrielle et de l’ère du savoir pour laisser place à l’ère des loisirs et de l’enrichissement. Du coup, le tourisme a de beaux jours devant lui.
Propos recueillis par
Rachid Hallaouy






