Maroc immobilier: Terres Sodea-Sogeta, la liste des bénéficiaires.

Jeudi, août 21st, 2008

· De grands groupes retenus, dont près du quart sont des étrangers.
· Des parlementaires parmi les adjudicataires.
C’EST fait. La commission interministérielle, présidée par Aziz Akhannouch, a validé les résultats de la deuxième tranche de la cession au privé des terres de la Sodea-Sogeta. Les heureux bénéficiaires devront signer les documents et prendre possession de ces fermes pour démarrer la campagne agricole en septembre. Il est incontestable que l’opération de partenariat a dépassé les prévisions du top management de la Sodea. C’est ainsi que le volume de l’investissement atteindra 7,7 milliards de DH au lieu des 6 milliards prévus initialement. D’une manière générale, l’opération prévoit la création de près de 10.000 ha d’agrumes, de 10.000 ha d’olivier et de 9.500 ha de cultures annuelles. A la clé, la création de 20.000 emplois stables. Il est également prévu de mettre en place 130 unités agro-industrielles.

Selon nos informations, cette deuxième tranche a attiré plus d’étrangers que la première. On a dénombré 31 offres retenues sur un total de 131, soit 24%. Cette participation étrangère est représentée par 7 nationalités. Les Français arrivent en tête avec 16 offres, suivis par les Espagnols (5 offres) et les Emiratis (3). Les Américains, les Italiens et les Russes ont remporté deux offres et les Argentins une seule.

Dans cette liste que L’Economiste publie en exclusivité, on retrouve des groupes ayant des références internationales. C’est le cas de Deprez, Essakalli et Santander. Ces trois groupes, qui ont une dimension mondiale, opèrent dans les secteurs de l’immobilier, le tourisme, les énergies renouvelables et l’agriculture, notamment dans les semences. François Deprez est acteur majeur dans la production de semences de différentes espèces en France et dans le monde. Il est leader dans l’obtention variétale de céréales et de protéagineux en Europe. Medialis représente au Maroc le groupe semencier français Euralis qui est spécialisé dans les semences de maïs, de colza et tournesol. L’entreprise américaine TSS holding est associée à des Marocains dans Sofrancoma. Elle possède des participations dans quatre sociétés qui opèrent dans le commerce des céréales. Les Conserves de Meknès ne sont pas en reste. Ce groupe envisage un partenariat avec la société Eurosemillas, grand semencier en Espagne et en France.

Parmi les Marocains, les bénéficiaires les plus en vue sont notamment SAP Moulay Ismaïl et d’autres comme Diana holding du groupe Zniber qui opère principalement dans le secteur agricole et agroalimentaire, avec une diversification dans le textile et les loisirs. Le holding réalise un chiffre d’affaires de 2 milliards de DH et emploie 4.500 personnes. Kacem et Zhor Bennani Smirès dirigent le groupe Delassus qui est dans la production des agrumes, des primeurs, des fleurs coupées et de la production de jus. Le groupe possède une vingtaine de sociétés et de domaines, totalisant plus de 2.200 hectares et un chiffre d’affaires de 675 millions de DH. Morrocan Food Processing est une filiale du groupe El Aulj qui intervient dans plusieurs secteurs: agroalimentaires, BTP, loisirs, cosmétique… Le groupe, composé de 18 filiales, emploie plus de 2.500 personnes, avec un chiffre d’affaires de 1 milliard de DH.

Il est à relever que des parlementaires ont également été adjudicataires. Il s’agit notamment de Ali Kayouh, grande figure de l’Istiqlal dans la région d’Agadir, et de Bouhdoud Boudlal Mohamed, patron du RNI dans le Souss. D’autres politiques sont sur la liste. Il s’agit de Tariq Kabbage, membre du conseil national de l’USFP et maire d’Agadir. Ali Belhaj, président du parti Alliances des libertés, est parmi les bénéficiaires, avec CABC. La famille Belhaj s’est associée au groupe français Canavesse SA. Les deux partenaires ont une longue expérience dans la production et la commercialisation des légumes et des agrumes.

Il est à rappeler que les initiateurs de ce partenariat ont scindé l’opération en trois sortes de projets. Les premiers concernent les «petits et moyens projets» qui sont au nombre de 92 et s’étalent sur une superficie de 13.791 hectares, répartis sur plusieurs régions du pays. Pour cette catégorie, c’est l’appel d’offres international qui a été retenu. Les deuxièmes portent sur 5 projets pour cultiver les semences sélectionnées et plants certifiés sur une superficie de 11.659 ha. C’est un appel à manifestation d’intérêt avec une présélection qui a été retenu. La même procédure de consultation a été réservée aux 19 «grands projets filières» s’étalant sur 12.978 ha. Le système de sélection a privilégié les références et le professionnalisme des candidats.

Le partenariat proposé par la Sodea se réalise sous forme de location de longue durée. Ainsi, deux sortes de conventions seront signées. La première, d’une durée de 40 ans, si le promoteur propose la réalisation d’investissements en plantations arboricultures, viticoles, forestières dominantes ou en infrastructures agro-industrielles importantes. La deuxième de 17 ans si la proposition du promoteur pour l’exploitation du projet concerne les cultures annuelles et l’élevage. Il existe une possibilité de proroger la durée de la convention de partenariat en cas d’accord et en fonction des nouveaux investissements proposés. Ce sera possible de le faire à partir de la 25e année pour les projets de 40 ans et la 12e année pour les projets de 17 ans.

Mohamed CHAOUI
L’Economiste

Arthur l’Optimist: nouveau réseau d’agences immobilières au Maroc!

Mercredi, août 20th, 2008

Un nouveau réseau d’agences opérant dans l’immobilier va bientôt s’implanter au Maroc. «Arthur l’Optimist» table sur l’ouverture de quelque 100 agences au Maroc d’ici fin 2012.

Le réseau français, initié par le Groupe Caisse d’Epargne et déjà présent en France avec plus de 400 agences et une centaine en Italie, créera au Maroc une master franchise tenue par la société HMS Développement.

«Avec une moyenne de 250.000 transactions par an réalisées ces 10 dernières années, le Maroc connaît un boom immobilier incontestable. Le créneau est rentable et tout le monde peut s’y lancer. De nombreuses enseignes se sont déjà installées», a-t-on appris auprès des responsables d’Arthur l’Optimist. Le futur réseau compte s’implanter d’abord dans les grandes villes du Royaume.
Le lancement officiel et l’ouverture d’une première agence auront lieu le 16 octobre prochain à Casablanca.

Le secteur d’activité du réseau concernera les immeubles neufs ou de deuxième main, ainsi que la location. Des services d’assistance juridique, de communication, d’administration des biens et de gestion locative seront également proposés aux clients.

Les futures agences seront très indépendantes dans la personnalisation de leurs services en fonction des attentes des clients. Elles devront bénéficier des avantages offerts par le réseau immobilier tout en assurant leur propre gestion. Notons qu’au Maroc le métier des agences immobilières reste aujourd’hui opaque, peu structuré. Autant dire que la porte est ouverte à tous les abus. De plus, l’absence de cadre juridique influe directement sur la qualité et la fiabilité du travail des agences. Il existe une nette demande aujourd’hui pour plus de structuration afin de redonner confiance aux investisseurs de plus en plus intéressés par le secteur.

M. M.
L’Economiste.

Immobilier Maroc : des investissements immobiliers massifs

Lundi, août 18th, 2008

En dépit du fait que certains experts immobiliers entrevoient un début de crise au Maroc, il semble que cela ne freine en rien la progression des investissements sur le marché. En effet, le géant russe Inteko confirme son projet d’investissement de quelques 500 millions d’euros destiné à entamer des constructions immobilières diverses (complexes résidentiels et touristiques, activités de loisirs, etc.) dans la région nord du Maroc.

Inteko est désormais détenu par la femme du maire de Moscou Yury Luzhkov, lequel s’est constitué une véritable fortune (estimée à 4 milliards de dollars) depuis qu’il a crée cette entreprise en 1991. L’entreprise va débourser une somme d’argent colossale dans le but de construire 1 000 appartements et une vingtaine de villas dont la valeur s’élève à 230 millions d’euros.

En outre, la société russe s’est assurée la propriété de 1.500 hectares de terrains dans la même région du Maroc pour lui permettre de concrétiser les autres projets immobiliers qu’elle a en tête et qui s’avèreront très lucratifs.

Le Maroc reste une terre de conquête pour les nouveaux riches des pays émergents car le prix des terrains ou des logements sont dérisoires face aux fortunes colossales de ces familles. En revanche, cela pose un gros problème pour la population locale : la spéculation devient intense ce qui a pour effet de faire flamber les prix des logements ou des terrains. Les terrains libres s’amenuisent car ils sont la proie des promoteurs immobiliers étrangers en quête de profit. En conséquence, les populations locales ne trouvent plus à se loger avec leurs revenus.

Anne Chartier prix-immo.com

Immobilier Maroc : le début de la crise ?

Dimanche, août 17th, 2008

A en croire quelques experts, le Maroc rencontrerait quelques difficultés sur son marché immobilier. En effet, selon le responsable des crédits immobiliers d’une grande banque marocaine, le marché du logement serait paralysé par la crise dans la mesure où le temps d’écoulement d’un bien immobilier serait passé d’un mois à quatre mois en un an. Les notaires sont venus confirmer ces propos en notant que « c’est calme, trop calme même ! ».

Seuls les promoteurs immobiliers continuent de nier l’évidence. D’ailleurs, le secrétaire général de la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers (FNPI) a justifié cela en faisant état du ralentissement du rythme de délivrance des permis de construire qui est passé de 48 000 logements en 2003 à 26 000 en 2007. Ce ne serait donc pas un état de crise puisque la demande de logement est très forte. Ce serait simplement un problème bureaucratique.

Alors lesquels de ces deux camps ont raison ? Difficile à dire. Il est vrai qu’avec le développement touristique, les prix ont eu tendance à flamber avec la perspective d’investissements en provenance de l’étranger. Toutefois, la crise immobilière mondiale a réduit nettement les perspectives d’investissement étranger. La demande extérieure a donc plongé. Par contre, la demande de la population locale reste intense. Mais elle ne peut être assouvie dans les prix sont devenus hors de portée des ménages marocains.

2008 sera donc une année transitoire à la fois pour le développement des activités de tourisme et de l’immobilier. Mais certains économistes attestent que tant que les indices boursiers des promoteurs marocains atteindront des sommets, il sera difficile de croire en une baisse des prix.

Ecrit par Anne Chartier prix-immo.com